Porto das Dunas, 3 janvier
Quand on vient passer deux jours dans une résidence de vacance au bord de la plage, on est naturellement dans une douce insouciance.
Cela avait commencé hier, nous marchions tranquillement sur la plage, des quads passaient de-ci de-là avec une vitesse bien sage. Nous, nous étions en train de chercher un trousseau de clés dans les dunes, quand un homme est arrivé, le visage apeuré, il nous criait qu'il fallait partir car des bandes attaquaient les promeneurs. Alors tant pis pour les clés, nous somme retournés dans la résidence -qu'ils appellent ici condominium- si rassurante.
Ce matin nous sommes allez à la piscine avec nos ipads, iphones et appareils photo, on se sent si protégé dans ce lieu clôturé, gardé, surveillé, rien ne peut nous arriver. Soudain deux gardes traversent à toute vitesse le jardin. Événement incongrue dans la torpeur générale, car personne ne court ici, à part les enfants autour de la piscine. Tout le monde se regarde, la peur a foudroyée la petite communauté : il se passe quelque chose. Puis déboule une femme qui vient de la plage : " attention les arrastaõ sont là"... D'un coup ma culture du Brésil s'enrichit d'un niveau : j'apprends que la police et les pompiers sont en grève depuis plusieurs jours; qu'il existe une forme de violence propre au Brésil qui se dénomme l'arrastaõ, ce sont des jeunes qui par dizaines -voir centaines- font des attaques éclaires et pillent tout sur leur passage, on les appellent du même nom que leur mode opératoire : les arrastaõ. Alors vite vite on prends toutes nos affaires pour allez se réfugier dans l'appartement. Des proches envoient des sms pour avoir des nouvelles, car les informations en font déjà la une, les magasins ont fermés à Fortaleza, des centres commerciaux ont été pillés, il y aurait eu des morts... Mais nous depuis le balcon on ne voit rien, seulement le ciel merveilleusement bleu et le ressac continu de la mer. Après quelques heures, nous retournons à la piscine mais en se gardant bien cette fois de prendre un quelconque objet. La torpeur de la journée reprend sont cour, rires, discussions, chansons, le plaisir d'être ensemble. Nous on a rien vue, rien entendu, mais un étrange sentiment de passer de la vie à la survie.
Ce soir nous resterons une nuit de plus, nous ne prendrons pas la voiture pour rentrer..'.


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