vendredi 30 décembre 2011

Contraste brésilien

Salvador, Bara
le 29 Décembre 2011



Nuit tropicale, lourde et sombre, la ville est grande. Les tours zèbrent la nuit de leurs lumières, la mer noire comme le ciel marque son pouvoir en délimitant brutalement là ou l'homme ne peut pas construire, seuls les faibles scintillements des bateaux rappellent dérisoirement sa présence.

Sur la corniche ladera de Bara se dresse d'un coté ces tours de luxe, puissantes, parfaites images de leurs orgueilleux propriétaires. Le luxe ici veut de l'espace, le summum étant atteint lorsqu'on a son étage à soi : ne pas voir son voisin depuis sa terrasse, quel plaisir! Mais il faut quand même se montrer, alors malgré la chaleur étouffante de la journée quelques places de parking à l'extérieur sont nécessaires, ainsi la voiture attribut indispensable de la richesse pourra être vue de ses chers voisins.

Mais de l'autre coté de la route se trouve la mer, et un petit filet de terre, tellement étroit que pas grand chose peut y être construit. Seul s'y trouve des petites maisons à la peinture écaillée. Une vielle rambarde blanche sillonne cette corniche. Et là un noir y est assis, les heures passent et il y reste tranquillement, de temps en temps il change la position de ses jambes. Il regarde ces grands immeubles en face de lui, il regarde les voitures passer. Qu'attend t'il ? Rien bien sûr, il assiste impuissant au spectacle d'une une vie qu'il aurait rêvée et qui l'ignore égoïstement.

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